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Il faut demander plus à l'impôt
et moins aux contribuables
Alphonse Allais
Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques.
Billet d'humeur:
Ce lundi 4 avril, l'émission "le téléphone sonne" sur France Inter était consacré au sujet suivant: Energie, climat, pollution, production, consommation : faudra-t-il changer de modèle? Avec ce sous-titre : Vivre "autrement" ? Les interrogations sur un tournant écologique entraîneront-elles un débat sur un changement économique que certains disent inévitable ?... A partir de cette émission, je voudrais faire partager quelques réflexions qu'elle a entraîné pour moi.
Les invités étaient :
- Thierry Pech Directeur de la Rédaction d'Alternatives économiques qui publie dans son numéro d'avril un dossier sur le thème "Il faut changer de modèle, des alternatives existent"
- Bernard Perret, Ingénieur socio-économique, qui vient de publier "Pour une raison écologique" aux Editions Flammarion
- Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE (L'Observatoire des conjonctures économiques (OFCE), co-auteur du "Manifeste d'économistes atterrés" aux éditions Les liens qui libèrent).
Ce qui est positif, c'est que ce débat prouve que des voix toujours plus nombreuses s'élèvent pour dire que les crises économiques et écologiques sont étroitement entrelacées comme j'essaie de le montrer sur ce site. Ce qui est positif également, c'est la reconnaissance de la nécessaire pluridisciplinarité : économie, sociologie, géographie, ...
Mais ce que je trouve lamentable, c'est que des "experts" puissent croire encore qu'on réglera nos problèmes "en changeant les réglementations"
Le débat, entre les intervenants, pour savoir si l'économie avait encore son mot à dire, me semble affligeant. Si, bien entendu, il faut remettre en cause le totalitarisme de la science économique, tel qu'il a pu s'appliquer ces dernières années, il est parfaitement naïf de croire qu'on se passera de l'argent comme outil de régulation des sociétés.
Mais ce qui me semble le plus terrible, c'est que les trois intervenants n'ont cessé, dans un beau consensus, d'employer des phrases commençant par : "il faut", "il suffit", "il est facile", comme si une fois la décision prise, on allait appliquer automatiquement et facilement les mesures nécessaires, quelle naïveté !
Responsable d'un établissement public, je sais de quoi je parle quand je trouve particulièrement imbécile de dire : "il est très facile de faire descendre la température dans les locaux des établissements publics de 3 ou 4 degrés!". Il aurait été préférable de dire que cela était possible mais en se donnant le temps de faire évoluer des pratiques ancrées dans les habitudes des individus.
Quand à la question de la place - certes incontournable, mais limitée - des instruments économiques dans l'atteinte des objectifs écologiques, je renvoie aux dizaines de pages consacrées à ce sujet dans mon livre, dans le cadre d'une réflexion plus large sur les impasses de la "raison économique".
Bien cordialement - Bernard Perret
Je vais lire votre livre avec attention mais puisque vous me faites le plaisir de répondre à mon billet d'humeur, le coeur de ma critique porte surtout sur la construction d'instruments politiques efficients : je me doute qu'une émission de radio doit être réductrice mais l'élaboration d'outils politiques me semble maintenant la priorité.
Vous faites partie des gens qui, comme moi, pensons que les problèmes doivent être abordé globalement. Nous ne pouvons plus nous contenter des "il faut".
Bonjour,
dommage de ne pas mettre de liens pour accèder à cette référence