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Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 07:20

 

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Dans mon dernier article consacré à  Pourquoi la croissance économique ne reviendra plus?,  quelques lecteurs ont réagi, s'inquiétant du pessimisme de mon raisonnement. Nous voudrions monter, au contraire, que cette analyse est le préalable à une nouvelle croissance que je qualifierai de durable. Comment définir une croissance durable?

 

N'y aurait-t-il donc aucun espoir ? La notion de croissance économique est tellement centrale dans le raisonnement économique que sa disparition s'apparente à un deuil.   J'ai utilisé la métaphore du blokus pour faire passer une idée qui fait son chemin dans la pensée économique : l'économie ne peut être dissociée de son environnement. Cette idée peut être illustrée par deux concepts. L'un, provenant des Sciences Physiques, l'Entropie, l'autre, purement économique, s'appelle la théorie des rendements décroissants.

En d'autres termes, la progression économique dépend de l'innovation et de la recherche de nouvelles marges de productivité. Pendant longtemps, chaque révolution économique est née de la découverte d'un nouveau gisement de productivité (charbon, pétrole, numérique par exemple). Mais chaque nouvel ère pouvait s'appuyer aussi sur l'exploitation de nouveaux espaces et de nouvelles ressources. 

Ce qui est nouveau aujourd'hui, pour nos pays occidentaux, c'est la fin de cette progression spatiale et l'apparition de la rareté pour les ressources nécessaires à notre développement. Cette rareté entraîne une augmentation des prix.

Pour la majorité des observateurs, la notion de croissance est antinomique avec celle de développement durable. Leur raisonnement est le suivant : ce dernier suppose des contraintes supplémentaires, des limites qui freinent la productivité.

A l'avenir, pourtant, la croissance économique dépendra de la capacité des acteurs économiques à anticiper sur la rareté des ressources. Les perdants seront ceux qui, ayant sous-estimé l'écologie, se trouveront dépourvus quand le renchérissement du prix des ressources mettra leur économie à genou. les gagnants seront ceux qui auront intégrés le modèle écologique,  évoluant vers l'utilisation de ressources durables.

Quelques exemples.

Les ménages qui auront pris soin, dans les dix années à venir, d'équiper leur maison de manière à diminuer leur dépenses de gaz et d'électricité ou,  ceux qui disposeront de maison à énergie positive, seront fortement avantagés par rapport à ceux qui auront négligés cet aspect. Il en est de même pour les ménages qui auront choisis de s'installer dans la grande périphérie des agglomérations : l'augmentation prévisible du prix des carburants pourra les ruiner à cause de leur migrations pendulaires quotidiennes.

Les entreprises, qui ne se seront pas préoccupées de leur approvisionnement en matières premières, celles qui seront restées à contempler l'évolution de leur prix sur les marchés mondiaux, le voyant comme une contrainte subie, seront les entreprises perdantes du XXIéme siècle. Les gagnantes,  conscientes de la rareté croissante de ces matières, chercheront à s'intégrer dans les filières de recyclage, de manière à ne plus dépendre de sources qui sont en train de se tarir.

Les pays, fortement dépendants du pétrole, consacrent une part importante de leur richesse à la facture pétrolière. Pour la France, par exemple, cette perte de richesse annuelle est de 60 milliard d'euros. Les pays qui resteront dépendants de cette facture vont s'appauvrir car elle va croître dans les années à venir. Les pays gagnants seront ceux qui sauront construire un système économique et une organisation sociale qui ne soient plus dépendantes de cette source d'énergie.

Les différents acteurs économiques n'ont plus le choix : rester gagnant dans la compétition économique suppose de régler un certain nombre de problèmes et de rentrer dans le processus de croissance durable. Trois secteurs-clés, et qui concernent tous les acteurs, sont cruciaux :

-l'urbanisme:  la crise immobilière et la pénurie de logements sont révélatrices d'une organisation spatiale et d'une réglementation urbanistique inadaptée. Il faut imaginer des solutions fortement innovantes dans ce domaine.

-l'organisation des transports et les mobilités sont devenus synonyme d'entropie, d'embolie d'un système de transports dépendants totalement de la ressource pétrolière. Les gagnants seront ceux qui auront trouvés des solutions pour sortir de leur addiction pétrolière. En sortir suppose des modalités d'organisation collective révolutionnaires dans le domaine du transport de marchandises comme pour celui des mobilités individuelles.

-la production énergétique, elle dépend de ressources non renouvelables dont la rareté va s'affirmer dans les décennies à venir. Chacun devra se donner les moyens d'en sortir et d'adopter des énergies renouvelables, source d'enrichissement pour tous ceux qui s'impliqueront dans des solutions parfaitement au point techniquement mais qui attendent un cadre réglementaire et fiscal adapté à leur développement.

Les gagnants de demain seront ceux qui auront compris la nécessité d'intégrer la problématique environnementale dans leur développement. Ils ne seront pas les seuls à être gagnant : la planète aussi le sera. Or, elle nous appartient comme nous dépendons d'elle.  

 

Pour aller plus loin:

le site Objectif Terre

le livre de Pierre-Gilles Belin : les écosolutions à la crise immobilière et économique publié chez Eyrolles

ce site pour les solutions fiscales, réglementaires et politiques


 



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Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
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