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Il faut demander plus à l'impôt

et moins aux contribuables

 

Alphonse Allais

 

Outil fiscal

Les contributions incitatives sont des micro-taxes payées sur les activités polluantes. L'argent récolté permet aux plus démunies d'investir dans les transitions écologiques et énergétiques. 

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 15:46

 

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Trois évènements récents sont venus nous démontrer que la stratégie du Parti Socialiste pour les élections présidentielles de 2012 reste fragile. Tout se passe comme si les socialistes n'avaient pas su tirer les enseignements de l'exceptionnelle réussite qu'a constitué les primaires. Les vieux démons et les mauvais réflexes sont vite revenus. On peut donc rester inquiet quant aux capacités du P.S. à gagner les élections et surtout quant à son habilité ensuite à gouverner dans le contexte particulièrement difficile des crises actuelles. 

 

Pointons ces trois faits d'actualités:

-la semaine dernière, la commission électorale du parti, sur la répartition des sièges de candidats aux législatives, démontrait toute l'absurdité de la répartition des sièges par la direction centrale; une polémique éclatant en effet sur la faible représentation de candidats issus de la diversité.

-les négociations avec les écologistes débouchent sur un accord bizarre, en forme de jugement de Salomon, qui ne convient à personne et laisse tout le monde sur sa faim: fermetures de 24 centrales mais maintien de l'EPR, répartition de sièges à l'Assemblée Nationale, maintien de la construction de l'aéroport de Notre-Dame des Landes. L'accord stipule l'instauration d'une contribution climat-énergie, retour en force de l'idée de taxe carbone.

-le porte-parole d'Areva affirme être intervenu dans les négociations entre le PS et Europe-écologie.

Quelle analyse tirer de ces évènements?

-D'abord, la désignation "par le haut" des candidats va créer rancoeurs, polémiques, multiplications des candidatures sauvages. L'UMP a beau jeu de crier au charcutage électoral. Mais surtout, les citoyens français vivent de plus en plus mal ces "petits arrangements entre amis" indigne d'un grand parti moderne. 

-la décision d'un compromis sur le nucléaire mêlé à un rapport de force subtil entre les deux partis ne satisfait personne. Focalisé sur l'abandon d'une partie des centrales, il oublie toute la construction d'une alternative crédible et cohérente. La droite a, encore une fois, le beau rôle en poussant des cris autour de la disparition des professions du nucléaire faisant oublier au passage les emplois, en nombre beaucoup plus important, que vont créer les énergies renouvelables. 

-le maintien de l'EPR et du projet d'aéroport de l'agglomération nantaise prouve, une nouvelle fois, que les cadres socialistes ont une vision de l'avenir basé sur des représentations anciennes : l'EPR signifie une technologie du passé qui va continuer d'engloutir les milliard dont nous avons besoin pour progresser dans l'industrie de l'énergie de l'avenir : le renouvelable. Un aéroport de plus signifie des investissements publics inutiles alors que  l'avion est un moyen de transport coûteux et dont l'avenir semble compromis avec la fin programmé du pétrole. 

-pendant les primaires, le PS semblait montrer qu'il écoutait les citoyens français. En se braquant sur le maintien de l'EPR, au nom du "réalisme", il s'oppose à la majorité de nos concitoyens qui préfère une sortie du nucléaire. L'intervention d'Areva montre que les lobby sont déjà à l'oeuvre. Le PS risque de commettre les mêmes erreurs que la majorité actuelle: écouter les grandes entreprises du CAC40 qui défendent leurs intérêts propres et ont de moins en moins d'avantages à défendre le pays qui les a vu naître. Continuer dans cette voie, c'est se retrouver, très rapidement, dans la posture inconfortable des partis socialistes espagnols et grecs.

-le maintien du projet désuet et inefficace d'une taxe carbone, dont on a simplement changé le nom, montre, là encore, que la réflexion sur les outils nécessaires pour résoudre les nombreux problèmes que rencontre le pays, reste bien superficiel. Les errements de l'UMP sur la fiscalité environnementale ne semble pas avoir servi de leçon aux socialistes qui se préparent à commettre les mêmes erreurs.

 

Faisons trois suggestions aux ténors d'un parti qui se veut réaliste:

-généraliser le principe des primaires à l'ensemble de la désignation des candidats pour toutes les élections. La commission électorale se contenterait de définir les règles et la déontologie de ces désignations régionales et locales. Cette réforme constitue l'opportunité de créer un immense élan populaire envers le PS, tout en permettant de résoudre toutes les tensions et conflits autour du cumul des mandats et de la prise en compte de la diversité.

-abandonner les anciennes idoles du XXème siècle (le nucléaire, le pétrole et autre vieilleries) pour s'intéresser aux outils et supports durables de notre siècle.

-travailler la question de la fiscalité comme outil de volontarisme politique dans toutes ses dimensions, et particulièrement la question de la fiscalité environnementale: la taxe carbone est un outil préhistorique inefficace. Il y a bien d'autres innovations politiques et fiscales à proposer et à utiliser.


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Un résumé de la pensée de l'auteur sur la crise écologique 
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